Un dimanche à Dublin
mardi 18 septembre 2007, 13:11 [Trips]
Ou le récit d’une journée dans la capitale Irlandaise, prévue la veille au dernier moment. "Maybe we could go to Dublin tomorrow " "Ok "
Clic clac, horaires de bus vérifiés, pas de soirée, feuilletage du guide du Routard vite fait et au lit on dort. Dimanche, 6h30… Le réveil est difficile, mais je vais découvrir une nouvelle ville, une capitale qui plus est : la motivation pour sortir du lit est suffisante.
7h15, chacun sort de son bloc, petit à petit, à coups de "Rhello… I wante tou slip "(spanish touch). Une fois que tout le monde est là, on part vers la gare routière pour prendre le bus à 8h. On est une vingtaine, une majorité d’espagnols, 2 néerlandais, 1 polonais, 3 italiens… Et un corse.

Le trajet en bus se déroule dans le calme, tout le monde dort. Les deux heures de voyage passées, nous voilà déposés à côté de O’Connell Street, la rue principale de Dublin. J’ouvre mon Routard pour voir le plan, et m’improvise guide du petit groupe. La rue est très large, elle commence par le O’Connell Bridge, entamée par le O’Connell Monument, et laisse la place à The Spire, (ou l’Iron Dick, comme un bon paquet de gens doivent la nommer), ce grand… monument en forme de pointe.

Au passage, on jette un premier coup d’oeils au magasins de souvenirs, trouve 12 000 trucs potentiellement achetables (dont 70% d’objets Guinness), puis on se dirige vers le Mc Do (que mes compères espagnols ont choisi pour prendre… un café
).
La rue est bizarrement colorée : les gens sont habillés en rouge et blanc ou en vert et jaune… Avec des drapeaux Cork ou Kerry… Aaaah mais ouais ! C’est la finale de football gaélique ! On m’en avait parlé, ça m’était complètement sorti de la tête : à 15h30, les deux comtés s’affrontent à Croke Park, le fameux stade Dublinois où les sports anglais étaient prohibés jusqu’à l’an dernier.

Excellente journée pour être à Dublin et aller voir le match dans un pub, à défaut de pouvoir aller au stade pour une rencontre à guichets fermés.
Une fois munis des plans touristiques de la ville, on se décide pour aller voir la Cathédrale Saint-Patrick, de l’autre côté de la Liffey, en passant par quelques rues sympas en chemin. Pas évident de faire avancer un groupe de 20 personnes de 5 nationalités différentes. On s’arrête à presque tous les croisements de rues, soit pour attendre soit pour savoir si on prend bien à gauche (ou à droite ???). On s’extasie devant un camion Guinness, on remarque les bus bleus et jaunes à deux étages… Des vrais touristes.

Accueillis par le doux son des cloches de la cathédrale, on prend quelques photos de groupes, apprécions le jardin, et tentons de rentrer au sein du bâtiment. Un prêtre habillé à la Néo dans Matrix nous dit que pour le moment c’est pas possible, c’est la messe. Il faut revenir plus tard. Mais on a pas que ça à faire. Du coup on bouge pour aller jusqu’à Grafton Street, une rue piétonne avec pleins de magasins. J’en profite pour perdre le groupe malgré moi, et me retrouve contraint de filer vers Trinity College, sachant qu’on comptait y aller avec les autres et qu’ils y sont peut-être déjà.
J’avance donc seul vers Trinity College, la prestigieuse Université dublinoise… Du temps où je cherchais où venir étudier en Irlande, j’ai passé un petit moment à me dire que ça serait sympa d’avoir cours ici. Mais je pense que les frais d’inscriptions ne sont pas très appropriés à mon porte monnaie… Peu importe, aujourd’hui j’y suis, même si c’est juste en touriste.

Je vais voir le campanile, y dépose un dino*, prends quelque photos, écoute de loin un guide qui raconte des anecdotes sur la fac, puis… La pluie débarque. Il a (bizarrement) fait plus ou moins beau tout le reste de la matinée, il fallait bien que mon Dublin trip soit un peu plus typique…
Pas de soucis, j’ai pensé à tout. Mon parapluie acheté 3$ à un clochard dans les rues de New York est là dans mon sac, et il va me protéger de la pluie battante. Mais pas des rafales de vent 
Notamment LA rafale. Cette sombre rafale, qui sans prévenir, alors que je marchais à côté du stade du TCD, m’a ôté mon brave compagnon. Lui qui tentait, de toute ses forces, de me protéger de ces gouttes froides et mouillées (désolé, j’avais pas d’autre adjectif.). Lui qui a été là pour moi chaque fois que j’ai eu besoin. C’était la fin :

Mon brave parapluie m’a abandonné au moment où j’avais le plus besoin de lui. Mais je ne lui en veux pas, c’est pas sa faute, il a essayé
Même une fois désossé, il m’a servi tant bien que mal pour me rendre jusqu’à Merrion Square, pour voir la statue d’un célèbre écrivain. Pour cela, je dédie cet article à feu mon parapluie, baptisé post-mortem « Oscar Wilde ». Ainsi, Oscar m’a couvert jusqu’à la statue de son homonyme, où j’ai là encore pu écouter les anecdotes d’un guide (vous saviez que les enfants de Wilde ont changé de nom, vous ?), et placer un autre dino*.

Une fois les nuages dissipés, je me suis décidé à laisser O. Wilde reposer en paix dans une poubelle de Dublin, ville qui a n’en pas douter est le véritable paradis des parapluies. Je suis sûr qu’il n’aurait pas souhaité finir sa vie autre part.
Quant à moi, j’ai repris ma route en solitaire pour retrouver le groupe à côté de The Spire, notre point de rendez-vous. Au passage, je me suis pris un petit panini chez des Indoux (sûrement des potes à Apu, dans une petite épicerie).
En plus de ne pas avoir bronché quand je lui ai donné un billet de 50 pour payer un sandwich à 2,99€, après mon départ, le brave marchand est même venu me trouver 20 mètres plus loin dans la rue pour me redonner un billet de 5€ que j’avais fait tomber chez lui.
Même Candide à côté c’est un pirate.

De retour sur O’Connell Street, je retrouve mes européens au Mc Do. On fait un petit bilan de la matinée, se demande à quel moment on s’est perdus, puis on planifie l’après-midi entre shopping et match de gaélique football à Temple Bar.
Avant d’aller à Temple Bar, je passe voir la statue de James Joyce pour y déposer un petit dino*, ramassé illico par un couple… J’en remets donc un, histoire de penser qu’il y est peut-être encore 2 jours après.
Mine de rien, l’heure a tournée, et le match est commencé depuis longtemps. On a perdu beaucoup de temps à se décider, et il faut vite filer dans le quartier de Temple Bar pour voir la fin dans un pub.
Sur le coup, j’ai un peu lâché le groupe qui ne se pressait pas trop, histoire de ne pas louper les 15 dernières minutes. Je trace donc jusqu’au pub Temple Bar dans le quartier de Temple Bar, commande une Guinness et m’installe au comptoir pour découvrir le GAA (gaélique) football. C’est un mélange de foot, de rugby, et de handball. J’essaierai d’en parler un peu plus dans un prochain article.
Au coup de sifflet final, le Kerry (vert et jaune) remporte la All-Ireland cup, et tous les supporters envahissent la pelouse. Un peu comme pour le derby Bastia-Ajaccio, sauf que là les flics s’en foutent et font partie de l’euphorie générale. C’est assez impressionant, même si ce n’est qu’à la télé. Dans le pub, pas beaucoup de supporters… Quelques petits « Wouuuw » des 2 seules personnes habillées aux couleurs de leurs équipes, mais tous les vrais fans sont à Croke Park, pas dans un bar.
Le match fini, la télé est coupée et le groupe de musique dans un coin commence à enflammer le pub.
(ici prochainement peut-être, une vidéo du pub)
Je suis dans un pub en Irlande, une Guiness à la main, de la musique traditionnelle dans les oreilles mêlée au bourdonnement des Dubliners qui discutent… Ca faisait plus de 2 ans que j’attendais ce moment… .gif)
Mes compères me rejoignent, ils étaient passés se renseigner pour savoir d’où et à quelle heure partait le bus pour rentrer à Athlone. Quelques minutes plus tôt, je leur avais précisé que je préférais louper le bus plutôt que la finale de gaélique football, d’où mon traçage 
Quoi qu’il en soit, j’ai pu voir la finale, profiter de l’ambiance du pub avec eux, et même aller voir un peu si ça bougeait sur O’Connell Street après la victoire. Un peu déçu sur ce point, d’ailleurs… Mais je pense que la raison pour laquelle ils ne se narguent pas trop entre eux, c’est simplement le fait qu’ils sont tous Irlandais, et ce n’est pas une confrontation sportive qui va les diviser.

Je laisse au passage un petit dino sur le monument d’O’Connell.
Les petits groupes que nous avions plus ou moins formés se retrouvent à la station de bus à 18h20, pour attendre le prochain bus, à 19h. On passe tous aux toilettes, et une fois la vessie vidée, j’attends mes amigos. C’est bizarre, j’en vois aucun. Ah, mon téléphone sonne. C’est Richo. Mais il m’a juste fait sonné. Faut que je le rappelle. Ah, ben il est tout essouflé en face de moi.
"Laïoneil where were you ??? We are all in the bus !!! Come on, follow me"
^o) ?
Je le suis jusque dans un bus à 2 étages, où je suis acclamé pour ma deuxième perte de la journée. Ils avaient en fait remarqué entre eux qu’il y avait un bus qui partait à 18h30…

Fatigués, on profite des 3h de trajet (tous les gens de Cork et du Kerry rentrent aussi chez eux, gros traffic) pour discuter entre nous, se moquer un peu des accents de chacun, et pour ma part me renseigner sur le déroulement de la finale en abordant 3 irlandais supporters du Kerry qui étaient à Croke Park. Ils m’apprendront quelques détails sur le foot gaélique, avant d’arriver à Athlone à 21h30.
Commentaires
<a href="http://www.flickr.com/photos/845850..." title="Partage de photos"><img src="http://farm2.static.flickr.com/1008..." width="1024" height="874" alt="Oscar Wilde's tomb in Le Père Lachaise (Paris)" /></a>
Si tu veux voir la tombe d'Oscar Wilde, clique ! La photo d'à côté, sur mon album Flickr (Kaedele) montre le détail avec toutes les marques de rouge à lèvres que les filles - femmes - laissent. La tombe est au Père Lachaise - elle est tellement laide que j'ai longtemps hésité à la prendre en photo.
Quant à ta visite, merci de la faire partager ! Toujours drôle et sérieux à la fois, cher Leo. Affectueusement, Bianca
Ah Dublin!! On dirait que tu as apprécié ta journée, ça m' étonne pas. Et dire que moi au mois de juin j' y ai attrapé un coup de soleil, dur à croire je sais. Allez éclates toi bien. Bisous
"J’en profite pour perdre le groupe malgré moi".
Je sais pas pourquoi mais je me demande quand même si le "RUUUUUN !!" laché par l'ensemble du groupe au moment ou tu tu leur a tourné le dos n'y est pas pour quelque chose...
Big brother final tonight!